Vous envisagez d’acheter un appartement ou une maison actuellement occupé par un locataire, avec le projet d’y emménager rapidement ? Cette situation est plus complexe qu’il n’y paraît. L’achat d’un bien loué pour en faire votre résidence principale soulève des questions juridiques précises et comporte des risques réels qu’il est essentiel de bien comprendre avant de vous engager.
Contrairement à une idée reçue, acheter un logement loué ne vous permet pas automatiquement d’en disposer immédiatement. Le bail en cours continue de produire ses effets après la vente, et le locataire bénéficie d’une protection légale renforcée. Toutefois, la loi prévoit des mécanismes permettant au nouveau propriétaire de reprendre le logement pour l’habiter, à condition de respecter scrupuleusement des règles de forme et de délai strictement encadrées.
Cet article vous guide pas à pas dans cette démarche délicate. Il vous explique quels sont vos droits réels, comment procéder légalement pour reprendre le bien, quels délais respecter, quelles erreurs éviter et quels risques vous encourez en cas de non-respect de la procédure. Vous découvrirez également comment sécuriser votre acquisition dès la signature de l’acte de vente et quelles précautions indispensables prendre avant de vous engager.
Puis-je expulser immédiatement le locataire après avoir acheté le bien ?
Non, vous ne pouvez absolument pas expulser le locataire immédiatement après l’acquisition du bien. C’est sans doute l’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse commise par les nouveaux propriétaires.
Le principe fondamental qui régit cette situation est simple : le bail se poursuit de plein droit au profit du locataire en place, même après la vente du logement. Ce principe, prévu par la loi du 6 juillet 1989 régissant les baux d’habitation, protège le locataire contre tout changement brutal de sa situation à la suite d’une vente du bien.
Lorsque vous achetez un bien loué, vous devenez le nouveau bailleur et vous vous substituez purement et simplement à l’ancien propriétaire dans tous les droits et obligations découlant du bail. Concrètement, cela signifie que vous devez respecter le contrat de location existant, en particulier sa durée, le montant du loyer et les conditions de résiliation.
Exemple concret : Monsieur Dupont achète en janvier 2025 un appartement loué depuis septembre 2023 pour une durée de trois ans. Le bail court donc jusqu’en septembre 2026. Même s’il souhaite y habiter dès février 2025, Monsieur Dupont doit respecter le bail en cours et ne peut pas demander au locataire de partir avant l’échéance, sauf à suivre la procédure spécifique de congé pour reprise.
Le non-respect de ce principe expose l’acquéreur à de lourdes conséquences. Toute tentative d’expulsion sans procédure légale, toute pression exercée sur le locataire pour qu’il quitte les lieux, ou toute modification unilatérale des conditions du bail constitue un trouble de jouissance susceptible d’engager votre responsabilité civile et même, dans certains cas, votre responsabilité pénale pour harcèlement locatif.
Quelles sont les conditions légales pour donner congé au locataire en vue d’habiter le logement ?
La loi autorise le propriétaire à mettre fin au bail pour reprendre le logement afin de l’occuper lui-même ou de le faire occuper par certains membres de sa famille. Mais cette faculté est strictement encadrée par des conditions de fond et de forme très précises.
Les motifs légitimes de reprise pour habitation
Vous pouvez donner congé à votre locataire pour reprendre le logement dans les cas suivants :
- Occupation personnelle : vous souhaitez habiter vous-même le logement à titre de résidence principale.
- Occupation par votre conjoint, partenaire de PACS ou concubin : la personne avec laquelle vous vivez en couple peut occuper le bien.
- Occupation par vos ascendants ou descendants : vos parents, grands-parents, enfants ou petits-enfants peuvent bénéficier de la reprise.
- Occupation par les ascendants ou descendants de votre conjoint, partenaire ou concubin.
Il est essentiel de noter que la reprise doit être réelle et sérieuse. Vous ne pouvez pas invoquer ce motif de manière fictive dans le seul but de récupérer le bien pour ensuite le relouer ou l’utiliser à d’autres fins. Une telle manœuvre constitue un abus de droit sanctionné par la loi.
Le logement doit impérativement servir de résidence principale à la personne pour laquelle vous invoquez la reprise. Cela signifie qu’elle doit y habiter au moins huit mois par an, sauf obligations professionnelles, raisons de santé ou cas de force majeure. Vous ne pouvez pas reprendre le bien pour en faire une résidence secondaire ou un investissement locatif.
Les conditions de forme absolument impératives
Le congé pour reprise doit respecter un formalisme très strict. Le moindre manquement à ces règles entraîne la nullité du congé et vous oblige à recommencer toute la procédure.
Le délai de préavis : vous devez notifier le congé au locataire avec un préavis de six mois avant la date d’effet souhaitée (article 15 de la loi du 6 juillet 1989). Ce délai incompressible court à compter de la réception de la notification par le locataire.
Le mode de notification : le congé doit obligatoirement être délivré par l’un des moyens suivants :
- Acte d’huissier de justice (signification) : c’est le mode le plus sûr et le plus recommandé.
- Lettre recommandée avec avis de réception : attention, le délai court à compter de la réception effective par le locataire, et non de l’envoi.
- Remise en main propre contre récépissé ou émargement : un procédé moins courant mais parfaitement valable si vous disposez d’une preuve écrite signée par le locataire.
Un congé notifié par courrier simple, par email ou par SMS est juridiquement nul et ne produit aucun effet.
Le contenu obligatoire du congé : la notification doit impérativement mentionner :
- Le motif précis de la reprise : occupation personnelle ou indication de l’identité exacte (nom, prénom, lien de parenté) de la personne qui occupera le logement.
- La date à laquelle le locataire doit libérer les lieux.
- La nature du lien de parenté avec la personne bénéficiaire de la reprise, le cas échéant.
Tout congé incomplet ou imprécis est nul. Par exemple, un congé qui indiquerait simplement « reprise pour habitation » sans préciser qui occupera le logement serait invalide.
Exemple concret : Madame Leclerc achète en mars 2025 un studio loué qu’elle souhaite faire occuper par sa fille étudiante. Elle doit envoyer par huissier, avant le 30 septembre 2025, un congé précisant : « Je vous notifie mon souhait de reprendre le logement pour qu’il soit occupé par ma fille, Mademoiselle Julie Leclerc, née le 15 juin 2004, ma descendante directe au premier degré, à titre de résidence principale. » Le locataire devra alors libérer les lieux au 31 mars 2026.
À quel moment puis-je donner congé après avoir acheté le bien ?
Le moment du congé est crucial et varie selon que vous achetez le bien en cours de bail ou à l’échéance d’un bail.
L’achat en cours de bail
Lorsque vous achetez un logement en cours de bail, vous ne pouvez pas donner immédiatement congé au locataire. La loi impose le respect d’un délai de carence destiné à protéger la stabilité du locataire.
Vous devez attendre l’échéance du bail en cours pour pouvoir délivrer un congé pour reprise. L’échéance correspond à la date anniversaire du bail, c’est-à-dire la date à laquelle le bail a pris effet initialement.
Illustration : un bail a débuté le 1er octobre 2023 pour une durée de trois ans. Vous achetez le bien le 15 janvier 2025. L’échéance annuelle suivante est le 1er octobre 2025. Vous pouvez donc donner congé au plus tôt pour cette date, en respectant le préavis de six mois, soit en délivrant le congé avant le 1er avril 2025. Si vous manquez cette échéance, vous devrez attendre le 1er octobre 2026.
Cette règle s’applique que le bail soit à durée déterminée ou qu’il se soit tacitement reconduit. Vous ne pouvez en aucun cas interrompre le bail en cours de route, même en proposant une compensation financière au locataire.
L’achat à l’échéance du bail
Si vous achetez le bien juste avant l’échéance d’un bail, vous pouvez donner congé pour cette échéance, à condition que le délai de six mois soit respecté.
Exemple : un bail arrive à échéance le 30 juin 2025. Vous signez l’acte de vente le 10 décembre 2024. Vous pouvez immédiatement, dès le lendemain de la signature, notifier le congé pour le 30 juin 2025, puisque le délai de six mois sera respecté (de janvier à juin).
En revanche, si vous signez l’acte le 15 février 2025, il est trop tard pour donner congé pour le 30 juin : le délai de six mois ne sera pas respecté. Vous devrez attendre l’échéance suivante, soit le 30 juin 2026 (si le bail se reconduit tacitement).
Le cas particulier du bail qui vient de se reconduire
Si le bail vient tout juste de se reconduire tacitement au moment où vous achetez, vous devrez attendre la prochaine échéance annuelle pour donner congé.
Exemple : le bail s’est reconduit tacitement le 1er septembre 2024. Vous achetez le bien le 15 octobre 2024. Vous ne pourrez donner congé que pour l’échéance du 1er septembre 2025, en respectant le préavis de six mois, soit en notifiant le congé avant le 1er mars 2025.
Que se passe-t-il si je ne respecte pas la procédure de congé ?
Le non-respect de la procédure de congé entraîne des conséquences juridiques et financières lourdes pour l’acquéreur.
La nullité du congé
Tout congé qui ne respecte pas les conditions de forme, de délai ou de fond est juridiquement nul. Cela signifie qu’il est réputé n’avoir jamais existé et ne produit aucun effet.
Les causes les plus fréquentes de nullité sont :
- Délai de préavis insuffisant : congé donné avec moins de six mois de préavis.
- Mode de notification irrégulier : congé envoyé par courrier simple, par email ou notifié verbalement.
- Absence de motif ou motif imprécis : congé qui ne mentionne pas clairement qui occupera le logement.
- Reprise pour un motif non autorisé : par exemple, reprise pour loger un ami ou pour en faire une résidence secondaire.
Lorsque le congé est nul, le bail se poursuit comme si rien ne s’était passé. Le locataire reste dans les lieux et vous devez recommencer toute la procédure, en respectant cette fois les règles applicables.
Exemple concret : Monsieur Martin achète un appartement et envoie un congé par courrier simple avec seulement quatre mois de préavis. Le locataire refuse de partir. Monsieur Martin saisit le juge pour obtenir l’expulsion. Le juge constate la nullité du congé en raison du mode de notification irrégulier et du délai insuffisant. Le bail continue, et Monsieur Martin doit attendre l’échéance suivante pour donner un nouveau congé dans les formes.
Le maintien dans les lieux du locataire
Lorsque le congé est nul, le locataire est fondé à demeurer dans les lieux. Il conserve tous ses droits au titre du bail, notamment le droit de bénéficier du renouvellement du bail à son échéance.
Si vous tentez malgré tout de faire partir le locataire par des pressions ou des manœuvres, vous vous exposez à des poursuites pour harcèlement locatif, infraction pénale punie de trois ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende (article 226-4-2 du Code pénal).
Les dommages et intérêts
Le locataire qui a subi un préjudice en raison d’un congé irrégulier peut réclamer des dommages et intérêts devant le tribunal judiciaire.
Le préjudice peut correspondre :
- Aux frais engagés inutilement par le locataire pour préparer son déménagement (devis de déménagement, recherche d’un nouveau logement, frais d’agence).
- Au préjudice moral causé par l’incertitude et le stress lié à cette situation.
- Aux frais de remise en état si le locataire a quitté prématurément le logement en raison d’un congé qu’il croyait valable.
Les montants alloués varient selon les circonstances, mais peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros.
L’action en répétition de loyers
Si vous avez perçu un loyer plus élevé que celui prévu au bail initial en profitant d’un congé irrégulier, le locataire peut demander la répétition des sommes indûment versées, majorées d’intérêts.
Dois-je justifier que j’occupe réellement le logement après la reprise ?
Oui, absolument. La reprise du logement n’est pas une simple formalité : vous devez effectivement occuper le bien ou le faire occuper par la personne pour laquelle vous avez invoqué la reprise. Cette obligation est sanctionnée par la loi.
L’obligation d’occupation effective
La loi impose que le logement soit occupé à titre de résidence principale par vous-même ou par la personne mentionnée dans le congé dans un délai maximum d’un an à compter du départ du locataire.
La résidence principale s’entend du logement dans lequel vous ou la personne concernée résidez au moins huit mois par an, sauf obligations professionnelles, raisons de santé ou cas de force majeure. Il ne suffit donc pas d’y passer quelques nuits de temps en temps : il faut une occupation réelle, stable et continue.
Si vous ne respectez pas cette obligation, vous commettez un abus de droit et vous vous exposez à de lourdes sanctions.
Les moyens de contrôle du locataire
Le locataire évincé dispose de plusieurs moyens pour vérifier que vous occupez réellement le logement.
Il peut notamment :
- Constater l’absence d’occupation en se rendant sur place ou en mandatant un huissier de justice pour dresser un procès-verbal de constat.
- Vérifier la domiciliation fiscale et administrative de la personne censée occuper le logement.
- Relever les consommations d’eau, d’électricité et de gaz qui, si elles sont anormalement basses, peuvent révéler une absence d’occupation.
- Interroger les voisins ou le gardien de l’immeuble.
Exemple concret : Madame Rousseau a donné congé à son locataire en invoquant la reprise pour sa fille. Six mois après le départ du locataire, celui-ci constate que l’appartement est proposé à la location sur internet. Il mandate un huissier qui dresse un procès-verbal constatant que le logement est vide et qu’une annonce de location meublée est bien diffusée en ligne. Le locataire engage une action en justice.
Les sanctions en cas de non-occupation
Si vous n’occupez pas effectivement le logement dans le délai d’un an, ou si vous cessez de l’occuper sans motif légitime dans les trois ans suivant la prise d’effet du congé, le locataire évincé peut vous assigner en justice pour obtenir :
Le versement de dommages et intérêts : leur montant correspond au préjudice subi par le locataire, qui inclut notamment :
- La différence entre l’ancien loyer et le nouveau loyer que le locataire doit payer dans son nouveau logement, pendant toute la durée où cette différence persiste.
- Les frais de déménagement.
- Les frais de recherche d’un nouveau logement (honoraires d’agence, frais de déplacements).
- Les frais de remise en état si le nouveau logement nécessitait des travaux d’adaptation.
- Le préjudice moral lié à la perte du logement et au déracinement.
Le montant des dommages et intérêts peut facilement atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, notamment dans les zones où les loyers sont élevés.
Le droit de réintégration : dans certains cas, le juge peut également accorder au locataire évincé un droit de réintégrer le logement s’il est toujours libre ou si la personne qui devait l’occuper ne l’a jamais fait. Ce droit de réintégration s’accompagne du rétablissement du bail dans les conditions initiales.
Exemple : Monsieur Durand a repris un appartement à Paris pour y loger son fils étudiant. Le fils n’a jamais occupé le logement et Monsieur Durand a remis l’appartement en location meublée trois mois après le départ du locataire évincé. Ce dernier engage une action en justice. Le tribunal condamne Monsieur Durand à verser 35 000 euros de dommages et intérêts, correspondant à la différence de loyer sur cinq ans (le nouveau loyer du locataire étant de 600 euros plus élevé que l’ancien) et aux frais de déménagement.
Les exceptions admises
La loi admet certaines exceptions à l’obligation d’occupation, lorsque vous ou la personne bénéficiaire de la reprise ne pouvez pas occuper le logement en raison d’un motif légitime et imprévisible.
Les motifs admis par la jurisprudence sont notamment :
- Le décès de la personne qui devait occuper le logement.
- Une maladie grave empêchant l’occupation du logement.
- Une mutation professionnelle imprévisible obligeant à s’éloigner de la région.
- Une séparation ou un divorce modifiant la situation familiale.
- La perte d’emploi rendant impossible le maintien dans le logement pour des raisons financières.
En revanche, un simple changement d’avis, une opportunité professionnelle ou l’abandon d’un projet initial ne constituent pas des motifs légitimes.
En cas de motif légitime, vous devez pouvoir le justifier par des pièces objectives (certificat médical, attestation de mutation, jugement de divorce, etc.).
Puis-je acheter un bien loué si le locataire est déjà protégé par un bail de longue durée ?
Oui, vous pouvez acheter un bien loué même si le locataire bénéficie d’un bail de longue durée, mais cela implique des conséquences spécifiques à bien anticiper.
Le principe de continuation du bail
Quelle que soit la durée restante du bail, celui-ci continue de plein droit après la vente. Vous vous substituez à l’ancien propriétaire et devez respecter toutes les stipulations du contrat jusqu’à son échéance.
Si le bail a encore deux ans, ou même cinq ans à courir, vous ne pouvez pas y mettre fin anticipativement, sauf à suivre la procédure de congé pour reprise à la prochaine échéance annuelle.
Exemple : vous achetez en janvier 2025 un appartement loué depuis janvier 2022 pour une durée de six ans (jusqu’en janvier 2028). Vous ne pourrez donner congé que pour l’échéance de janvier 2026 (en respectant le préavis de six mois, soit en notifiant le congé avant juillet 2025) ou pour l’échéance suivante en janvier 2027. Dans tous les cas, le locataire devra libérer les lieux au terme du délai de préavis, mais pas avant l’échéance choisie.
Les baux de trois ans et plus
Pour les locations vides destinées à l’habitation principale du locataire, la durée minimale du bail est de trois ans lorsque le bailleur est une personne physique. Si le bail a été conclu pour une durée plus longue (quatre, cinq ou six ans), cette durée s’impose à l’acquéreur.
Vous ne pouvez donner congé pour reprise qu’à l’échéance de chaque année du bail, en respectant le préavis de six mois. Si vous manquez une échéance, le bail se reconduit tacitement pour une nouvelle période, et vous devrez attendre l’échéance suivante.
Les risques d’un achat avec bail long
Acheter un bien loué avec un bail long présente certains risques qu’il convient d’évaluer :
Le délai d’attente avant de pouvoir occuper le logement peut être long. Si le bail court encore pendant deux ou trois ans et que vous manquez la première échéance pour donner congé, vous devrez patienter plusieurs années avant de pouvoir emménager.
La fixation du loyer : pendant toute la durée du bail, vous ne pouvez augmenter le loyer que dans les conditions prévues par le bail et par la loi. Si le loyer actuel est très en-dessous du marché, vous ne pourrez le réévaluer substantiellement qu’à l’issue du bail.
Les charges et responsabilités du bailleur : vous devez assumer toutes les obligations du bailleur, notamment l’entretien du logement, les réparations à votre charge et le respect des normes de décence.
Ces éléments doivent être pris en compte dans votre stratégie d’acquisition et dans la négociation du prix d’achat.
Quelles précautions prendre avant d’acheter un bien loué que je souhaite habiter ?
L’achat d’un bien loué en vue de l’habiter nécessite une vigilance accrue et des précautions spécifiques dès la phase de négociation.
Vérifier l’état du bail en cours
Avant de signer la promesse de vente, demandez impérativement au vendeur de vous communiquer le bail en vigueur et tous ses éventuels avenants. Examinez attentivement :
- La date de prise d’effet du bail : elle détermine les échéances auxquelles vous pourrez donner congé.
- La durée du bail : un bail de trois ans n’a pas les mêmes conséquences qu’un bail de six ans.
- Le montant du loyer et les modalités de révision : vérifiez si le loyer est conforme au marché et si des augmentations sont prévues.
- Les clauses particulières : certaines clauses peuvent limiter vos droits (clause de solidarité, clause résolutoire, etc.).
Vérifiez également que le bail respecte bien les conditions légales (durée minimale, absence de clauses abusives) et qu’il n’a pas été résilié par l’une ou l’autre des parties.
Astuce pratique : demandez également une copie des trois dernières quittances de loyer pour vérifier que le locataire est à jour de ses paiements et que le bail est effectivement en cours d’exécution.
Calculer le délai réel avant de pouvoir emménager
Une fois que vous connaissez la date de prise d’effet du bail, calculez précisément :
- La prochaine échéance annuelle à laquelle vous pourrez donner congé.
- Le délai de six mois de préavis à respecter.
- Le délai total entre la signature de l’acte de vente et votre entrée dans les lieux.
Exemple de calcul : vous envisagez d’acheter en février 2025 un bien loué depuis le 1er juillet 2023. La prochaine échéance est le 1er juillet 2025. Pour donner congé à cette date, vous devez notifier le congé avant le 1er janvier 2025. Or, vous n’aurez signé l’acte qu’en février 2025 : il est donc trop tard. Vous devrez donner congé pour le 1er juillet 2026, en notifiant le congé avant le 1er janvier 2026. Le locataire quittera les lieux au 1er juillet 2026, soit 17 mois après votre achat.
Ce calcul est essentiel pour éviter les mauvaises surprises et vous assurer que le délai d’attente est compatible avec votre projet.
Rencontrer le locataire ou obtenir des informations sur sa situation
Si possible, essayez de rencontrer le locataire ou de recueillir des informations sur sa situation. Cela vous permettra d’anticiper d’éventuelles difficultés.
Un locataire qui occupe le logement depuis de nombreuses années, qui est âgé, en situation de handicap ou qui a des enfants scolarisés dans le quartier peut être plus réticent à quitter les lieux et plus susceptible de contester le congé.
À l’inverse, un locataire qui envisage de déménager prochainement ou qui a déjà trouvé un autre logement peut faciliter la transition.
Attention toutefois : vous ne pouvez en aucun cas exercer de pression sur le locataire ni lui proposer une compensation financière en échange de son départ anticipé sans son accord libre et éclairé. Toute tentative en ce sens pourrait être qualifiée de harcèlement.
Prévoir une clause suspensive dans la promesse de vente
Si votre projet d’habiter le logement est déterminant dans votre décision d’achat, insérez une clause suspensive dans la promesse de vente, subordonnant la vente à votre capacité de donner congé au locataire dans un délai raisonnable.
Exemple de clause : « La présente promesse de vente est conclue sous la condition suspensive que l’acquéreur soit en mesure de donner congé au locataire pour reprendre le logement en vue de l’occuper à titre de résidence principale, pour une date de départ au plus tard le [date]. Si cette condition n’est pas réalisée, la présente promesse sera résolue de plein droit et les parties seront libérées de leurs engagements. »
Cette clause vous protège contre le risque de vous retrouver propriétaire d’un bien que vous ne pourrez pas habiter dans le délai souhaité.
Consulter un avocat spécialisé
Compte tenu de la complexité de la matière et des risques encourus, il est fortement recommandé de consulter un avocat spécialisé en droit immobilier avant de vous engager dans l’achat d’un bien loué.
L’avocat pourra :
- Analyser le bail et identifier d’éventuelles difficultés.
- Vérifier que les conditions de congé pour reprise sont bien remplies.
- Rédiger le congé dans les formes légales.
- Vous conseiller sur la meilleure stratégie à adopter en fonction de votre situation.
- Vous représenter en cas de contentieux avec le locataire.
Que faire si le locataire refuse de partir malgré un congé régulier ?
Il arrive que le locataire, malgré un congé parfaitement régulier, refuse de quitter les lieux à l’échéance prévue. Dans ce cas, vous devez agir avec méthode et dans le strict respect de la légalité.
Les démarches amiables préalables
Avant d’engager toute procédure judiciaire, tentez de résoudre le litige à l’amiable.
Envoyez au locataire une lettre recommandée avec avis de réception lui rappelant le congé qui a été délivré, la date à laquelle il doit libérer les lieux et les conséquences de son maintien illicite dans les lieux (expulsion, condamnation à des dommages et intérêts).
Proposez-lui, le cas échéant, un délai supplémentaire raisonnable s’il a des difficultés à trouver un nouveau logement, en contrepartie de son engagement écrit à quitter les lieux à une date précise.
Vous pouvez également faire intervenir un médiateur ou un conciliateur de justice pour tenter de trouver une solution négociée.
La procédure judiciaire d’expulsion
Si le locataire refuse toujours de partir, vous devez saisir le tribunal judiciaire pour obtenir une décision de justice ordonnant l’expulsion.
Attention : vous ne pouvez en aucun cas procéder vous-même à l’expulsion du locataire, même en changeant les serrures ou en coupant l’eau et l’électricité. De tels agissements constituent des voies de fait et exposent à des poursuites pénales pour violation de domicile.
Par exemple, l’article 226-4 du Code pénal prévoit, dans ce sens que :
« L’introduction dans le domicile d’autrui à l’aide de manoeuvres, menaces, voies de fait ou contrainte, hors les cas où la loi le permet, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende.
Le maintien dans le domicile d’autrui à la suite de l’introduction mentionnée au premier alinéa, hors les cas où la loi le permet, est puni des mêmes peines.
Constitue notamment le domicile d’une personne, au sens du présent article, tout local d’habitation contenant des biens meubles lui appartenant, que cette personne y habite ou non et qu’il s’agisse de sa résidence principale ou non ».
La procédure se déroule en plusieurs étapes :
1. L’assignation devant le tribunal : vous faites délivrer par huissier une assignation au locataire, l’invitant à comparaître devant le juge. L’assignation doit exposer les motifs de votre demande (congé régulier, refus de quitter les lieux) et les pièces justificatives (copie du congé, avis de réception, bail, etc.).
2. L’audience : lors de l’audience, le juge entend les parties et examine les pièces. Le locataire peut contester le congé ou demander des délais. Le juge peut également désigner un expert pour vérifier la régularité du congé.
3. Le jugement : si le juge estime que le congé est régulier et que le locataire n’a aucun motif légitime de rester dans les lieux, il prononce la résiliation du bail et ordonne l’expulsion du locataire. Le jugement peut également condamner le locataire à vous verser une indemnité d’occupation pour la période pendant laquelle il est resté dans les lieux après l’échéance du congé, ainsi que des dommages et intérêts.
4. Le commandement de quitter les lieux : une fois le jugement devenu définitif (soit à l’issue du délai d’appel, soit après l’arrêt de la cour d’appel), vous faites délivrer par huissier un commandement de quitter les lieux au locataire. Ce commandement lui accorde un délai de deux mois pour libérer le logement.
5. L’expulsion proprement dite : si le locataire ne quitte toujours pas les lieux à l’issue de ce délai, vous pouvez demander à l’huissier de procéder à l’expulsion forcée. L’huissier se présente au domicile du locataire, procède à l’ouverture des portes si nécessaire et fait évacuer les meubles et effets personnels du locataire. Le locataire doit alors quitter définitivement les lieux.
Les délais à prévoir
La procédure d’expulsion est longue et peut prendre entre six mois et deux ans, voire davantage dans certaines juridictions encombrées.
Il faut compter :
- Trois à six mois pour obtenir une décision de justice en première instance.
- Deux mois de délai d’appel (si le locataire fait appel, le délai peut encore s’allonger de six à douze mois).
- Deux mois de délai accordé au locataire après le commandement de quitter les lieux.
Pendant toute cette période, vous ne pouvez pas occuper le logement et vous devez continuer à assumer les charges de copropriété et les impôts fonciers.
La trêve hivernale
La procédure d’expulsion est suspendue pendant la trêve hivernale, qui s’étend du 1er novembre au 31 mars de chaque année.
Pendant cette période, aucune expulsion ne peut être exécutée, sauf exceptions très limitées (occupant entré par voie de fait, locataire relogé, bâtiment en péril).
Si le commandement de quitter les lieux intervient juste avant ou pendant la trêve hivernale, l’expulsion ne pourra être réalisée qu’à compter du 1er avril suivant.
Exemple : le jugement est rendu en septembre 2025, le commandement est délivré en octobre 2025, le délai de deux mois expire en décembre 2025. L’expulsion ne pourra être exécutée qu’à partir du 1er avril 2026 en raison de la trêve hivernale.
Le régime est-il différent pour un bail meublé ou une location saisonnière ?
Oui, le régime juridique varie sensiblement selon le type de location.
Les baux meublés
Les locations meublées destinées à l’habitation principale du locataire sont régies par des règles spécifiques.
La durée du bail : le bail meublé a une durée minimale d’un an (contre trois ans pour un bail vide). Si le locataire est un étudiant, la durée peut être réduite à neuf mois.
Le congé du bailleur : le bailleur peut donner congé au locataire avec un préavis de trois mois avant l’échéance du bail, uniquement pour trois motifs :
- Reprise pour habiter le logement lui-même ou le faire habiter par un proche (conjoint, partenaire, concubin, ascendants, descendants).
- Vente du logement.
- Motif légitime et sérieux (par exemple, inexécution par le locataire de ses obligations).
Le congé doit être notifié par acte d’huissier ou par lettre recommandée avec avis de réception. Il doit mentionner le motif et, en cas de reprise, l’identité de la personne qui occupera le logement.
L’obligation d’occupation : comme pour les baux vides, vous devez occuper réellement le logement dans un délai d’un an et pour une durée minimale de trois ans. Le non-respect de cette obligation expose aux mêmes sanctions (dommages et intérêts).
Le délai de préavis plus court rend la reprise d’un logement meublé un peu plus souple que pour un logement vide, mais les conditions de fond restent identiques.
Exemple : vous achetez en janvier 2025 un studio meublé loué depuis mars 2024 pour un an. L’échéance est en mars 2025. Vous pouvez donner congé pour cette échéance en respectant le préavis de trois mois, soit en notifiant le congé avant décembre 2024. Si vous achetez en février 2025, il est trop tard pour l’échéance de mars 2025, et vous devrez attendre mars 2026.
Les locations saisonnières et de courte durée
Les locations saisonnières, c’est-à-dire les locations conclues pour une durée n’excédant pas 90 jours consécutifs et ne constituant pas la résidence principale du locataire, ne sont pas soumises à la loi du 6 juillet 1989.
Si vous achetez un bien exploité en location saisonnière, vous n’avez pas à donner congé : le bail prend fin automatiquement à l’échéance prévue, et vous pouvez ensuite disposer librement du logement.
Attention : si le bien est loué en meublé de tourisme de manière répétée à des occupants successifs, vous devez attendre que toutes les réservations en cours soient honorées avant de pouvoir occuper le logement. Vérifiez donc auprès du vendeur le planning des réservations et assurez-vous qu’aucune réservation n’a été prise au-delà de la date à laquelle vous souhaitez emménager.
Les baux commerciaux et professionnels
Si le bien est loué dans le cadre d’un bail commercial ou d’un bail professionnel, les règles sont totalement différentes.
Vous ne pouvez pas donner congé pour reprendre le bien en vue d’y habiter, car ces baux sont soumis à des régimes juridiques spécifiques qui protègent l’activité du locataire.
Si vous souhaitez habiter un local actuellement loué à usage commercial ou professionnel, vous devrez soit attendre la fin du bail (qui peut durer neuf ans ou plus), soit négocier un accord amiable de résiliation avec le locataire, soit engager une procédure complexe de déspécialisation ou de refus de renouvellement qui dépasse le cadre de cet article.
Puis-je négocier le prix d’achat en tenant compte du bail en cours ?
Oui, absolument. La présence d’un bail en cours et les contraintes qui en découlent doivent être prises en compte dans la négociation du prix d’achat.
L’impact du bail sur la valorisation du bien
Pour un acquéreur qui souhaite l’habiter immédiatement, un bien loué avec un bail qui court encore pendant plusieurs années présente une moindre attractivité. Cette contrainte justifie une décote sur le prix de vente.
La décote dépend de plusieurs facteurs :
- La durée restante du bail : plus le délai avant de pouvoir donner congé est long, plus la décote est importante.
- Le montant du loyer : si le loyer est très en-dessous du marché, le bien est moins rentable pour un investisseur et moins attractif pour un acquéreur qui souhaite l’habiter.
- La situation du locataire : un locataire âgé, en difficulté ou particulièrement attaché au logement peut être plus difficile à faire partir, même avec un congé régulier.
- Le marché immobilier local : dans un marché tendu, les biens libres se vendent rapidement et à des prix élevés, ce qui accentue la décote des biens loués.
Exemple chiffré : un appartement se vendrait 300 000 euros libre de toute occupation. Il est actuellement loué jusqu’en 2027 avec un loyer de 800 euros par mois, alors que le loyer de marché est de 1 200 euros. Vous pouvez légitimement essayer de négocier une décote de 10 à 15 %, soit un prix d’achat entre 255 000 et 270 000 euros, pour tenir compte du délai d’attente et du manque à gagner sur les loyers.
Les arguments à faire valoir
Dans la négociation, mettez en avant :
- Le délai d’attente avant de pouvoir occuper le logement, pendant lequel vous devrez continuer à payer un loyer ailleurs ou vivre dans des conditions moins confortables.
- Les frais et charges que vous devrez supporter pendant cette période (taxe foncière, charges de copropriété, assurance).
- Le risque de contentieux avec le locataire, qui peut allonger encore le délai et générer des frais d’avocat et de procédure.
- La perte de flexibilité : vous ne pourrez pas réaliser de travaux importants ni modifier l’agencement du logement tant que le locataire est en place.
Les garanties à demander au vendeur
Pour sécuriser votre achat, vous pouvez également négocier certaines garanties avec le vendeur :
- Une garantie que le bail est régulier et qu’aucun contentieux n’est en cours avec le locataire.
- Une garantie que le locataire est à jour de ses loyers et charges.
- Une clause de réduction de prix si le locataire ne libère pas les lieux à la date prévue après un congé régulier.
- La prise en charge par le vendeur de tout ou partie des frais de procédure en cas de contentieux avec le locataire.
Ces garanties peuvent être formalisées dans l’acte de vente et permettent de limiter les risques.
Quels sont mes recours si le vendeur ne m’a pas informé de l’existence du bail ?
Si le vendeur a dissimulé l’existence d’un bail ou vous a fourni des informations inexactes sur la situation locative du bien, vous disposez de plusieurs recours.
Le dol : vice du consentement
Le dol est une manoeuvre frauduleuse destinée à tromper l’acheteur pour l’amener à conclure le contrat. Si le vendeur a volontairement caché l’existence d’un bail ou menti sur ses caractéristiques (durée, montant du loyer, situation du locataire), vous pouvez invoquer le dol pour demander la nullité de la vente.
Le dol suppose la réunion de trois conditions :
- Des manœuvres ou un mensonge : le vendeur a activement dissimulé le bail ou a affirmé que le bien était libre.
- L’intention de tromper : le vendeur savait que le bien était loué et a voulu vous induire en erreur.
- Un caractère déterminant : vous n’auriez pas acheté le bien, ou pas à ce prix, si vous aviez su qu’il était loué.
Exemple : le vendeur vous affirme que le bien est libre d’occupation alors qu’il est en réalité loué depuis deux ans avec un bail de trois ans. Vous découvrez cette situation après la signature de l’acte. Vous pouvez demander la nullité de la vente pour dol. Le juge annulera la vente, et vous récupérerez le prix payé, sous réserve de restituer le bien.
L’action en nullité pour dol se prescrit par cinq ans à compter de la découverte du dol.
L’erreur sur une qualité essentielle
Si vous avez acheté le bien en pensant qu’il était libre alors qu’il est loué, vous pouvez également invoquer une erreur sur une qualité essentielle de la chose vendue.
L’erreur suppose que la qualité erronée (le fait que le bien soit libre) était déterminante de votre consentement : vous n’auriez pas acheté le bien si vous aviez su qu’il était loué.
L’action en nullité pour erreur se prescrit également par cinq ans à compter de la découverte de l’erreur.
La garantie des vices cachés
Si le vendeur a dissimulé des informations sur le bail (par exemple, un bail comportant des clauses irrégulières ou un contentieux en cours avec le locataire), vous pourriez, dans certains cas, invoquer la garantie des vices cachés.
Toutefois, cette action est plus difficile à mettre en œuvre, car il faut démontrer que le vice (le bail irrégulier ou le contentieux) rend le bien impropre à l’usage auquel vous le destiniez et qu’il existait au moment de la vente sans que vous puissiez le déceler.
Les dommages et intérêts
Indépendamment de la nullité de la vente, vous pouvez demander des dommages et intérêts au vendeur pour réparer le préjudice subi du fait de sa tromperie.
Le préjudice peut correspondre :
- À la perte de chance d’acheter un autre bien libre.
- Aux frais engagés inutilement (frais de notaire, frais d’agence, frais de déménagement).
- Au surcoût résultant de l’obligation de continuer à payer un loyer ailleurs pendant la durée du bail.
Exemple : Madame Petit achète un appartement en pensant qu’il est libre. Elle découvre après la signature qu’il est loué jusqu’en 2027. Elle demande l’annulation de la vente pour dol et réclame 15 000 euros de dommages et intérêts correspondant aux frais de notaire et d’agence qu’elle a inutilement engagés.
Les obligations du vendeur et du notaire
Le vendeur a une obligation d’information : il doit vous communiquer toutes les informations essentielles sur le bien, notamment l’existence d’un bail en cours.
Le notaire a également une obligation de conseil : il doit attirer votre attention sur la présence d’un bail et ses conséquences, notamment le délai avant de pouvoir occuper le logement.
Si le notaire a manqué à son devoir de conseil et ne vous a pas alerté sur les implications du bail, vous pouvez également engager sa responsabilité professionnelle et demander réparation de votre préjudice.
Conclusion : acheter un bien loué, un projet qui se prépare
Acheter un bien loué pour en faire votre résidence principale est une opération qui demande rigueur, anticipation et accompagnement juridique. La loi protège fortement le locataire en place, et toute tentative de contournement des règles vous expose à des sanctions lourdes.
Avant de vous engager, assurez-vous de bien comprendre les délais réels avant de pouvoir emménager, les contraintes liées au bail en cours et les risques de contentieux. N’hésitez pas à négocier le prix d’achat en tenant compte de ces contraintes, et faites-vous accompagner par un professionnel du droit pour sécuriser votre acquisition.
Le respect scrupuleux de la procédure de congé pour reprise – délai de six mois, notification par acte d’huissier ou lettre recommandée, mention précise du motif – est absolument impératif. De même, vous devez impérativement occuper le logement dans le délai d’un an et pour une durée minimale de trois ans, sous peine de vous voir condamné à verser des dommages et intérêts substantiels au locataire évincé.
En cas de doute ou de difficulté, la consultation d’un avocat spécialisé en droit immobilier est vivement recommandée. Il saura vous conseiller sur la faisabilité de votre projet, vérifier la régularité du bail et du congé, et vous représenter en cas de contentieux.
L’achat d’un bien loué peut être une belle opportunité, à condition d’en maîtriser parfaitement les aspects juridiques et de procéder avec méthode et professionnalisme.

